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Grande Démission aux États-Unis : les raisons

Modifié le
23
June 2026
Créé le
20
April 2022
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Une vague de remise en cause chez les collaborateurs Américains : quelles sont les raisons ?

Les circonstances politiques et économiques (la crise sanitaire et la guerre en Ukraine) ont engendré des citoyens plus sensibles à quitter leur job et en quête d’une vie professionnelle qui ait du sens.

Depuis juillet 2021, on assiste à une remise en question sur le plan professionnel et personnel : les salariés souhaitent trouver le bon équilibre entre leur travail et leur vie personnelle. Cette remise en question s’illustre par l'immense vague de départs dans les entreprises américaines : plus de 38 millions de personnes ont quitté leur entreprise en 2021 aux États Unis. Le pays enregistre une croissance record de démissions.

salarié se rendant au travail avec sa sacoche
Source : Unsplash

La grande remise en question

La crise sanitaire liée à la Covid-19 et la guerre en Ukraine ont entraîné un changement de mentalité. Le rapport des Américains au monde du travail est très différent de notre vision européenne. Pourtant, leur rapport à la vie en général a été tout autant bouleversé que de notre côté de l’Atlantique. La crise sanitaire illustre parfaitement le cas de figure où notre vie se retrouve, du jour au lendemain, chamboulée, sans en avoir le moindre contrôle.

Ce changement de mentalité (auquel on assiste depuis fin 2021 et début 2022) a engendré un phénomène de démission massive, surnommé par les économistes de “Grande Démission” (“Big Quit”), mais aussi de baisse de la motivation des employés (ou “quiet quitting”).

Qu'est-ce que la “Grande Démission' en Amérique ?

Anthony Klotz, professeur des écoles et expert en psychologie des démissions en milieu de travail a inventé la notion de “Great Resignation” appelée “Grande Démission” en français. Selon le bureau des statistiques, 4,5 millions d’américains ont démissionné en novembre 2021. Le marché du travail américain enregistre une croissance record des taux de démission.

La culture d’entreprise, le bien-être au travail des collaborateurs, le sens du travail, la flexibilité, le télétravail, le nombre de congés payés et la rémunération sont des raisons qui ont poussé des millions d’américains à quitter leur entreprise, faisant exploser le nombre de démissions et ruptures conventionnelles.

Ces notions ne sont pas apparues au travers de la crise sanitaire mondiale. Pourtant, elle a considérablement accentué son impact sur les populations du monde entier et conduit à un niveau historiquement inédit d’attention. L'Amérique en est l’image la plus parlante.

Ce phénomène de démission massive concerne toutes les professions, catégories et âges. De nombreux salariés américains se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas heureux, que les conditions de vie au travail étaient pénibles et qu’ils voulaient être mieux payés. Pour affirmer leur mécontentement, en juillet 2021, des milliers de salariés américains ont manifesté dans la rue.

salarié en costume cravate
Source : Unsplash

La “Grande Démission” (ou Big Quit) est-elle en train d’arriver en France ?

La “Grande Démission” ne s’arrête pas à la frontière américaine et prend de l’ampleur dans le monde entier ou les salariés sont également nombreux à quitter leur entreprise et devenir chômeurs.

Si les chiffres d’une nouvelle étude montrent une augmentation du nombre de démissions sur le marché de l’emploi en France (même chez les jeunes diplômés de grande école et les meilleurs talents, tous secteurs d’activité confondus, notamment le secteur tertiaire, la cybersécurité ou encore les métiers de la transformation digitale), on ne peut pas encore parler de phénomène de “Grande Démission” ni de taux de chômage record.

Néanmoins, en tant que manager ou DRH au sein de grandes entreprises ou d’un cabinet de recrutement/sourcing : votre objectif pour l’année à venir est de mener des actions réduisant ce phénomène de turnover sans précédent dans le processus de recrutement.

En France, depuis octobre 2021, nous assistons à une pénurie d’emploi dans les secteurs d’activités de l’hôtellerie, la restauration (qui recrute pourtant énormément, notamment en intérim), le bâtiment et la santé (selon les chiffres de Pôle Emploi). Mais aussi une croissance record des taux de démission de salariés français (ruptures anticipées de cdd, etc.).

Les attentes demandées par l’employeur et les recruteurs (telles qu’elles sont formulées dans les offres de recherche d’emploi ou même le contrat de travail en CDI ou en CDD) ne sont souvent plus en adéquation avec celles de l’actuel ou futur collaborateur (qui désire par exemple être mieux payé). Les salariés souhaitent des éléments concrets : salaires (au-delà du SMIC), conditions de travail et bien-être.

Alors, comment faire en sorte de trouver le juste équilibre pour qu’un salarié soit épanoui et heureux dans son travail et ainsi éviter qu’il ne vienne grossir les rangs des demandeurs d’emploi envoyant des candidatures à vos concurrents ?

Comment remédier à la Grande Démission des salariés dans les entreprises ?

Aujourd’hui, et plus que jamais, la qualité de vie au travail est vitale pour garder ses collaborateurs et en embaucher d’autres. Les entreprises doivent mettre en place des solutions pour éviter la hausse du taux de démission.

salariés travaillant sur leurs ordinateurs
Source : Unsplash

Les solutions (physiques et digitales) pour lutter contre la Grande Démission (ou Great Resignation)

En tant que dirigeant d’entreprise, vous devez essayer de créer la promesse d’une organisation de travail et une vie professionnelle qui répondent à la fois aux besoins de l’entreprise mais aussi des salariés actuels et futurs.

Notre équipe EINAI vous conseille d’être à l’écoute de vos salariés et de trouver des solutions durables pour répondre aux besoins et exigences personnels, dans la mesure du possible, bien évidemment. La semaine de la qualité de vie au travail est l’occasion parfaite pour vous aider à entretenir une relation durable avec vos collaborateurs.

N’hésitez pas à réaliser des entretiens avec chacun d’entre eux (durant le recrutement, avant et après embauche) pour connaître leur état d’esprit, éviter un épuisement professionnel au travail et que le nombre de collaborateurs qui ont quitté leur emploi n’augmente trop drastiquement.

Cela vous permettra en effet de valoriser votre capital humain, de donner du pouvoir à vos salariés (et faciliter leur insertion professionnelle). Ces leviers de gestion des ressources vous permettront également de limiter vos coûts de recrutements (et la publication d’une nouvelle offre d’emploi) et de stabiliser votre marque employeur en créant un environnement de travail (ou un lieu de travail) bienveillant et stimulant. C’est aussi un bon moyen de fidéliser, attirer et retenir les talents, d’accompagner leurs carrières et de pérenniser l’emploi des cadres.

Selon le baromètre du cabinet de conseils spécialisé dans les ressources humaines, Workforce Institute de UKG, 1 collaborateur sur 5 se sent entendu sur différents sujets au travail, soit 20% des personnes ne se sentent pas entendus par le management.

Plus votre collaborateur est épanoui au travail et plus il est susceptible de rester longtemps dans l’entreprise !

Sarah Macheboeuf
Chief Happiness Officer & Experte en Expérience Collaborateur
En savoir plus

Toutes les réponses à vos questions

Qu'est-ce que la Grande Démission et pourquoi s'est-elle produite aux États-Unis ?
La Grande Démission (Great Resignation) est un phénomène de démissions massives observé aux États-Unis à partir de 2021 : plus de 47 millions d'Américains ont quitté volontairement leur emploi en 2021. Ses causes : la pandémie qui a poussé des millions de personnes à repenser leur rapport au travail, la recherche de sens et de flexibilité, le refus des conditions de travail dégradées, et un marché du travail tendu offrant de nombreuses alternatives.
Quelles sont les principales raisons qui poussent les salariés à démissionner selon les études ?
Les principales raisons de démission selon les études McKinsey et Pew Research : le manque de reconnaissance (54 %), l'absence de perspectives d'évolution (52 %), un management défaillant (42 %), des conditions de travail et un salaire insuffisants (39 %), le manque de flexibilité (35 %), et l'absence de sens dans les missions (30 %). Ces raisons sont majoritairement liées à la qualité de vie au travail — et donc évitables avec une politique RH proactive.
La Grande Démission a-t-elle eu des équivalents en Europe et en France ?
En Europe, la Grande Démission s'est traduite par une hausse des taux de démission, mais moins spectaculaire qu'aux États-Unis en raison de protections sociales plus fortes. En France, les démissions ont atteint un record historique de 520 000 par trimestre en 2022 (Dares). Le phénomène touche davantage les secteurs de l'hôtellerie-restauration, du commerce et de la logistique. La quête de sens, la flexibilité et les conditions de travail sont les principales motivations.
Comment les entreprises peuvent-elles prévenir les départs massifs de talents ?
Pour prévenir les départs massifs : améliorer les conditions de travail réelles (charge, flexibilité, management), renforcer la reconnaissance (fréquente, spécifique et sincère), développer des perspectives d'évolution claires pour chaque profil, écouter régulièrement les besoins et les aspirations des collaborateurs, et agir rapidement sur les signaux de désengagement. La fidélisation coûte toujours moins cher que le recrutement et l'intégration de nouveaux talents.
Quel est le coût réel d'une démission pour une entreprise ?
Le coût d'une démission représente en moyenne 1,5 à 2 fois le salaire annuel du collaborateur partant : coûts de recrutement (annonces, cabinet de recrutement), d'intégration (formation, accompagnement), de perte de productivité pendant la vacance du poste et la montée en compétences du remplaçant, et de perte de savoirs et de réseaux relationnels. Ces coûts cachés justifient amplement l'investissement dans la fidélisation et la QVT.
Que peuvent apprendre les DRH français de la Grande Démission américaine pour anticiper les risques de turnover ?
Les enseignements de la Grande Démission pour les DRH français : le sens au travail et la flexibilité ne sont plus des avantages différenciants mais des attentes de base, la reconnaissance immédiate et fréquente est plus efficace que les augmentations annuelles, les entretiens de rétention (conversations proactives avec les talents) sont plus efficaces que les contre-offres réactives lors d'une démission, et la culture managériale est le principal levier de fidélisation — plus que le salaire seul.
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