Mark Zuckerberg, un pro de la communication non verbale ?

Il y a un an, Mark Zuckerberg était auditionné par le Congrès des Etats-Unis par deux commissions du Sénat suite à l’affaire Cambridge Analytica. Ce fait d’actualité, je m’y suis intéressée sous un autre angle de vue. Pourquoi le fondateur de Facebook a t-il dû adapter son langage corporel devant les sénateurs ? Garder son t-shirt et sa cool attitude auraient-ils pu être suffisants pour étayer ses propos, Quelle première impression a-t-il suscité ?

Dans “The Face of Success: Inferences From Chief Executive Officers’ Appearance Predict Company Profits” de Nicholas O. Rule and Nalini Ambady (Psychological Science), les résultats de cette étude de 2008 sont très intéressants. On a demandé à des sujets de classer les visages des 25 CEO américains des plus grandes entreprises du classement Fortune sur une série de qualités subjectives, telles que la compétence et la sympathie.

La très grande majorité des leaders qui ont obtenu les meilleurs résultats grâce à ces mesures se sont avérés diriger les entreprises les plus rentables.

Cette étude met en lumière l’importance de la communication non verbale comme facteur de réussite au même titre que l’idée et l’exécution de cette dernière.

Mais pourquoi la communication non verbale serait-elle un vecteur de réussite ?

Née aux Etats-Unis dans les années 1970, la communication non verbale est une discipline conçue dans le laboratoire d’Etudes en Sciences du Comportement du FBI. Elle bénéficie de nombreux apports provenant des neurosciences, des sciences cognitives, des sciences du comportement et de l’éthologie. Cela lui permet aujourd’hui de bénéficier d’un sérieux brevet de crédibilité scientifique.

De nombreux pays ont compris l’intérêt et l’importance de la communication non verbale et des expressions faciales.

Les petits britanniques commencent à apprendre les expressions du visage et le langage du corps dès la troisième année de maternelle alors qu’en France, cela commence timidement à être abordé au sein de quelques écoles de commerce.

2001 marque la création du Département de Sciences du Comportement de la Gendarmerie Nationale. La France est très en retard en termes de sensibilisation et d’enseignement dans les écoles, les universités et pour les entreprises, c’est encore un sujet tabou.

« Certains DRH ne comprennent pas encore l’intérêt de cette discipline pour améliorer sa communication, ils la considèrent comme non prioritaire, ils préfèrent avoir à gérer des formations commerciales, bureautiques, informatiques » m’explique Christophe Thumerelle, Coach et formateur en communication non verbale, alors que celle-ci est à la base de tout.

Notre monde est de plus en plus complexe, globalisé et multiculturel ; la communication doit être une priorité pour les entreprises afin de mieux interagir avec ses prospects et clients pour gagner en crédibilité et susciter une bonne impression. Les collaborateurs de demain doivent développé de compétences humaines et relationnelles beaucoup plus affirmées pour s’adapter dans ce monde VUCA.

Les bénéfices de cette discipline

90% de notre communication est non verbale. Elle est définie par notre langage corporel, les expressions du visage, notre voix ainsi que tout ce que nous pouvons considérer comme étant nos ornements : aspect vestimentaire, codes couleurs, cosmétiques, bijoux… y compris les tatouages par zone ethnique et géographique ainsi que les scarifications. Elle est universelle, génétique et transculturelle. C’est donc notre corps qui parle aux autres, avant même que nous ayons ouvert la bouche ! 

Pour partie, elle est en lien direct avec la théorie de notre évolution. Le cerveau fonctionne sur un triptyque peur – plaisir – pouvoir ; il a inscrit toute une typologie de marqueurs et de codes que nous retrouvons dans notre communication non verbale, comme des indices non verbaux.

Il est donc capital de les connaître pour bien appréhender et gérer nos signaux corporels afin de faciliter notre communication et l’image que nous renvoyons de nous-même et réciproquement. Le décryptage de micro expression comme dans la série Lie To Me est un niveau très avancé. Il est tout à fait possible d’apprendre à décoder des mimiques faciales avec une bonne formation communication.

Favoriser l’interprétation des émotions

Maîtriser la communication non verbale permet d’accéder à une meilleure gestion et interprétation de nos émotions, de détecter les comportements conflictuels ou à risque ainsi que le mensonge, de mieux appréhender les émotions « négatives » que sont la tristesse, la colère, la peur, le mépris, le dégoût et qui pour certaines d’entre elles peuvent déboucher sur de la frustration voire de la violence.

Dès l’instant où nous sommes congruents, c’est-à-dire lorsque notre communication non verbale est en accord avec notre langage, alors notre communication globale est optimisée. C’est pour moi un des atouts principaux de la communication non verbale et de la manière dont je l’enseigne : faire en sorte que notre communication soit authentique, charismatique et pertinente, exprime Christophe Thumerelle.

Et si la communication non verbale était enseignée et appliquée en entreprise ?

Nous serions alors capable d’adapter notre discours, notre attitude en fonction de nos interlocuteurs. Nous pourrions également mieux comprendre, décrypter et analyser le comportement de nos interlocuteurs.

Afin d’éviter les quiproquos, les situations désagréables, nous pourrions analyser « nos » propres comportements verbaux comme non verbaux pour qu’inconsciemment notre interlocuteur puisse se positionner plus facilement ainsi nous éviterons les situations gênantes et/ou déstabilisantes (être mal à l’aise, de la nervosité, regard fuyant).

Lorsque le corps dit : « non » ; c’est clair et précis. L’ambivalence n’est pas possible. (Je parle pour des personnes non pathologiques). Bras croisés, regard fuyant, ton de la voix, ou même un simple hochement de tête sont des codes gestuels qui signalent si votre auditoire est à votre écoute. Notre interlocuteur est-il toujours disponible à écouter notre discours, nos paroles, nos envies immédiates ?

Si nous arrivons à comprendre quel est le moment le plus opportun pour faire passer nos messages ; là, ils deviennent intelligibles. C’est grâce à l’interprétation de toute notre communication non verbale que nos messages seront plus impactants et compris.

Je vous propose un exercice

Avez-vous déjà réfléchi à la manière dont vous abordez l’autre en termes de regard, de contact et de distance physique ? Essayer d’observer l’autre et ses réactions ; la poignée de main d’une personne est un bon exercice. Par exemple, les mains dans ses cheveux est souvent un signe corporel de séduction.

Pour votre prochain entretien de recrutement, je vous propose adapter son langage face à son interlocuteur, essayez de reproduire ses gestes, le mouvement du corps, un vrai contact visuel. S’il a un manque de confiance, vous le mettrez plus à l’aise avec cette technique de Pnl.

Un conseil pour terminer, je vous suggère d’être dans un état en pleine présence de l’autre, d’écoute active et de ressenti face à nos sensations corporelles. Ça sera déjà un grand pas. Votre corps ne vous ment jamais. Ecoutez-le.

Sarah Macheboeuf & Christophe Thumerelle

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